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Reservoir Dogs : Bloody Days

RoLestrange
Écrit par RoLestrange

Test PC

Si je vous dis Mr. White, Mr. Orange, Mr. Blonde, Mr. Brown, Mr. Pink et Mr. Blue ? Allons plus loin, et je vous dis film culte, écrit et réalisé par Tarantino au début des années 1990… Keitel, Roth, Buscemi, Madsen… Mais aussi des costards, des cravates et 297L d’hémoglobine étalés dans un entrepôt ? En effet, Reservoir Dogs, un des films les plus cultes de Quentin Tarantino, dans lequel une bande de tarés en costard discutent d’un gros casse… Après une première adaptation vidéoludique du duo Volatile Games/Eidos poussive et bancale, le studio barcelonais Big Games a fait le pari de réitérer. Enfin presque…

 

Une adaptation de Reservoir Dogs ?

Tout d’abord… Non. Reservoir Dogs : Bloody Days n’est pas une nouvelle adaptation de Reservoir Dogs. En effet, il s’agit plutôt d’un petit jeu pour lequel on a acheté les droits d’un film afin de mettre un peu de hype sur la bête. Loin du huis-clos du film, le jeu nous propose donc une série de casses avec la galerie de personnages disponibles. Dans un gameplay proche de ce fait Hotline Miami, bien que moins pêchu, Reservoir Dogs : Bloody Days vous plonge dans une série de pièces, en top-down shooting. Les objectifs de mission sont annoncés au fur et à mesure et par étape… Avancez, volez, échappez aux flics, poursuivez, recommencez. Vous enchaînez donc les braquages avec votre équipe de deux ou trois personnages parmi les héros de l’univers Tarantino. Chacun des braqueurs a ses compétences propres et il s’agira de bien les utiliser pour garder en vie vos « héros ».

 

Les dialogues de début de mission dans Reservoir Dogs Bloody Days

Des petites touches de Reservoir Dogs, le film.

 

Et ça continue encore et encore…

La principale qualité du titre, c’est sa façon de déplacer tous vos personnages  au même moment, mais chacun leur tour. Inutile de lancer un Kamoulox, on va tenter de comprendre. On déplace le leader, on tire et on fait ses frags, puis on exécute un rewind. Vous arrivez dans la peau du second braqueur et, dans un temps donné (le temps mis pour jouer l’action du leader), vous jouez avec ce personnage. Mais attention ! Le leader exécute les mouvements enregistrés au tour d’avant. Surprenant mais bougrement efficace, vous pourrez sauver les autres membres de l’équipe, mais aussi profiter des failles créées pour prendre à revers un obstacle. Un point à prendre en compte… l’IA s’adapte au braqueur le plus proche, attention donc à ne pas trop interférer entre vos actions.

Le Rewind dans Reservoir Dogs Bloody Days

Votre meilleur allié, le Rewind.

L’équipe de Big Games parle même de jeu en coop’ solo. La manœuvre, bien qu’efficace reste néanmoins très difficile à prendre en main lors des premiers essais. Bien trop souvent, on oublie la séquence précédente et on se retrouve pris pour cible dans une action transverse. Surtout que le gameplay de shoot est relativement… basique. Dans Reservoir Dogs : Bloody Days, on ne recharge pas ses armes, on ramasse ce qui est au sol. Donc ramasser un revolver au sol qui devait être pris par le personnage joué dans la séquence d’avant et ce dernier sera à poil ! Rappelez-vous donc des chemins et actions effectués sur toute la durée du rewind, il en va du succès du braquage.

 

C’est que le début d’accord, d’accord

Tableau de score dans Reservoir Dogs Bloody Days

Tableau de score dans Reservoir Dogs Bloody Days

Oui, enfin non. Bien que pouvant être frustrante, la perte d’un personnage dont le tour est déjà passé entraîne la défaite du niveau. En contrepartie, Big Games a trouvé judicieux de ne pas compter de Game Over. Des Checkpoints automatiques sont effectuées à chaque nouvel objectif et c’est uniquement votre score et la note associée qui pâtis de cette tentative. Car oui, le jeu est un représentant de l’Arcade Scoring. Après chaque braquage, un tableau récapitulatif sera affiché avec plusieurs données de votre partie. Nombre de tentatives, civils tués, ennemis abattus, argent volé, santé perdu, etc. On ajoute les combos et voilà votre note globale ! Un petit conseil, accrochez-vous, vous pourrez peut-être obtenir un ‘B’ au bout de quelques heures de jeu.

Si les aspects Rewind et Scoring sont assez sympathique, le reste est cependant moins folichon. Entre l’IA aux fraises, que vous pouvez attendre à la sortie d’un couloir et le level design très (très – trop -) redondant, le jeu traîne aussi une belle chaîne à la cheville. Au-delà du troisième braquage, on peut considérer avoir fait le tour de ce que Reservoir Dogs : Bloody Days peut nous offrir. Et oui, passer une porte, nettoyer une pièce, voler l’argent, avancer, recommencer.

 

Des bottes noires, une ceinture noire, un veston usagé noir, un pantalon usagé noir, un chapeau… Non, pas de chapeau

Graphiquement, le jeu n’est vraiment pas laid. Dans son esthétique cartoon lissé en 3D, c’est simple mais frais, contrastant plutôt bien avec le propos du titre. Les effusions d’hémoglobine sont propres sans être folles et les sols sont plutôt bien tapissés. Tout ça sans faire laguer un PC modeste actuel. Mais le plus important, la représentation fidèle des personnages du film est magnifique. Non, je déconne… Hormis Mr Blonde qui ressemble vaguement à Mickael Madsen et Joe qui est un vieux briscard chauve, le jeu ne prend pas du tout exemple sur les personnages du film. Mr Brown n’est pas Tarantino mais un videur de boite de nuit avec une cravate marron, Mr Pink n’est pas Buscemi mais un surfeur, Mr Blue a l’air d’être un ancien motard reconverti en barbier… Bref, on sent bien que la licence Reservoir Dogs a été apposée en fin de cycle. Malgré cela, ça passe…

 

Un jeu comme dans une impasse (méxicaine)

Un des bons points est néanmoins l’ambiance. Quelle soit visuelle ou sonore, on décèle des petites notes de ce qu’aurait pu être un prolongement de l’œuvre de Tarantino. Les musiques sont cools, les effets sonores pas trop en marge de l’univers graphique… Et surtout, le soft nous sert quelques répliques cultes tirées du film dans les dialogues (écrits) entre les personnages. Dommage que c’en soit resté là et que le vice n’ait pas été poussé plus loin. Quand on est fan, on se sent frustré de n’avoir que de petites touches légères… Mais lorsqu’on n’est pas fan du film, ça sent juste le fan service pour vendre sous licence… Bref, le jeu a le cul entre deux chaises

 

En bref

Ni bon, ni mauvais… Voilà comment résumer ce qu’est Reservoir Dogs : Bloody Days. Presque bien, mais pas trop, sans être non plus à jeter. On est sur un top-down shooter orienté tactique qui se veut reposant pour le cerveau dans les phases d’action, plus exigeant dans les phases tactiques de rewind. Joli sans être original, il accuse le fait d’être terriblement répétitif et de n’avoir que quelques touches éparses de l’œuvre originale. Big Games a donc réussi à faire un bon petit jeu d’arcade indépendant sans grande ambition, mais une mauvaise seconde adaptation du film de Tarantino… Après, cette tentative reste la meilleure des deux adaptations en jeu vidéo.

À propos de l'auteur

RoLestrange

RoLestrange

Geek, fan de Chuck Norris et JCVD, j'aime les Action Movies des années 90 et les ChocoBN. Je joue à tout, encore plus si c'est rétro et je bosse dans le web, mon bureau est un dessin animé. Mon chat s'appelle Gotham.

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