Shadow of the Colossus, la claque visuelle – Ingame.fr
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Shadow of the Colossus

RoLestrange
Écrit par RoLestrange

Disponible sur

"The Rise of Zer", la mise à jour de Osiris : New Dawn 2

Dans le monde du jeu vidéo, il en va de certains jeux tellement cultes que même les jeunes générations en ont encore l’eau à la bouche dès qu’ils en entendent le titre. Plus de 10 ans après sa sortie, Shadow of the Colossus a su vraiment se hisser au niveau des plus grands. L’œuvre de Fumito  Ueda est un jeu unique, fort d’une histoire hors norme, d’une réalisation splendide et d’un dénouement stupéfiant. 12 ans plus tard et un remake déjà au compteur, que vaut vraiment ce second remake, œuvre de Bluepoint Games ?

Contemplez le monde de Shadow of the Colossus

Image de gameplay de Shadow of the Colossus

L’histoire, beaucoup la connaissent… Vous apportez le corps sans vie d’une jeune femme que vous déposez sur un autel. Pour la sauver, Dormin vous somme de parcourir les terres sacrées afin d’affronter seize colosses et d’en payer un prix conséquent. Armé de votre épée, vous partirez à la rencontre de ces énormes ennemis, chevauchant Argo, votre fidèle destrier. 

Une  fois chaque colosse vaincu, vous êtes transportés dans le temple du départ, devant l’autel  sur lequel gît le corps, et les statuts des colosses s’écroulent, comme vidées de leur essence.

Sans aller trop loin dans le scénario, car plus serait considéré comme du divulgâchage, ce dernier est identique au jeu d’origine, sans ajouter d’artifice. Si vous avez déjà donc joué à l’une des deux moutures précédentes, pas de surprise ! Posez-vous dans votre canap’ et revivez l’une des histoires les plus envoutantes du jeu vidéo. En revanche, si vous êtes néophyte de Shadow of the Colossus, posez-vous dans votre canapé, tamisez les lumières et délectez-vous d’une des narrations les plus belles racontées ces dernières années. Comme une ode à la solitude et à l’amour, vous ne pourrez être que surpris par le twist final et toute la progression du héros pour y parvenir.

Un gameplay centré autour de l'escalade

Oubliez l’exploration, si ce n’est pour la contemplation. En effet, point de donjon, de ville ou de PNJ… Votre seul objectif est de sauver votre amie et vos seuls obstacles sont les colosses. D’un côté, le jeu n’en est que plus clair : il n’existe que deux phases de jeu, arpenter les contrés vides à dos de cheval et trouver les chemins d’escalade des colosses pour les vaincre. Pas la peine de loot, seules les barres de vie et d’endurance (le grip) peuvent être améliorées et qu’avec parcimonie.

Pour se faire, rien de plus simple, suivez le scintillement de votre épée. Après avoir rejoint la zone où se trouve le colosse, vous devrez analyser ses patterns, ses points faibles. Regarder l’environnement pourra vous aider à trouver la faille et, bien souvent, il vous faudra probablement attaquer avec votre lame ou votre arc afin de pouvoir commencer à gravir votre adversaire

Désert à perte de vue sur Shadow of the Colossus 11

Chaque colosse aura ses faiblesses propres et votre but sera de vous en servir pour escalader les pelages, fourrures et corniches pour atteindre le ou les points vitaux des créatures. Cependant, il faudra toujours garder un œil à la jauge de grip, qui vous permet de tenir le colosse de toutes vos forces… Economisez-les lorsque la créature ne se débat pas, car les repos se font courts et épars. En effet, les colosses se défendent et voudront à tout prix vous faire tomber de toute leur hauteur en secouant frénétiquement leur carcasse.

Plus vous avancez dans l’aventure, plus les colosses seront difficiles à vaincre. Les décors pourront vous permettre d’atteindre des zones impossibles d’accès, tandis que par moment, user de malice vous donnera l’avantage de la surprise. Dans les airs ou à flanc de montagne, sur terre ou dans les lacs, vous devrez tout de même tourner les combats, somme toute épique, à votre avantage.

Et de la surprise, vous en aurez aussi avec la jouabilité du héros, tantôt simple, tantôt capricieuse. Par moment, vous serez pris de rage quand une corniche se tenant face à vous ne sera agrippée qu’une fois sur trois, tellement l’imprécision de certaines phases d’escalade sera présente. De plus, Argo, votre fidèle destrier sera très facile à diriger… en ligne droite. Il s’agit d’une habitude à prendre, mais les contrôles de votre monture sont peu intuitives, surtout si vous avez goûté à un titre tel Red Dead Redemption. 

PS4 Pro et 4K : une gifle en plein visage.

Démonstration de la 4K de Shadow of the Colossus

Il faut se l’avouer, le réel intérêt des remakes de Shadow of the Colossus, c’est la mise à niveau des graphismes. Et là… Vraiment, le jeu fait le café. Tous les visuels, tous les modèles, tout a été refait de zéro. Chaque vidéo se laisse regarder, révélant des instants finement réalisés. Les paysages sont tout bonnement magnifiques, les effets de lumière venant les sublimer au moindre changement d’angle de vue. Certains diront que l’univers est vide, mais il s’agit d’un parti pris nous poussant à admirer chaque parcelle de votre écran. Le but est de montrer la solitude et la mélancolie de votre personnage dans ce vaste univers.

Oui, vaste…  Que vous passiez dans des canyons oppressants, dans des plaines féeriques, au beau milieu de déserts de sable ou aux abords de lacs sombres, vous aurez encore plus l’impression de gigantisme que dans les deux Shadow of the Colossus précédents.

Et pour le coup, nous avons fait le test en 4KJuste Wow. Rarement j’ai pu voir un jeu aussi beau et sans problème de framerate. Encore faut-il ne pas vouloir utiliser les filtres qui eux, renvoient directement le jeu dans une ambiance plus cinématographique… Adieu 60 fps, retour au bon vieux 30 images par seconde. Certes, ces derniers apportent un plus graphiquement, l’ambiance en devient bien plus personnelle. On pourrait trouver ça gadget, surtout que la fluidité en pâtit… Même si voilà, nous n’avons pas besoin d’un framerate de FPS…

En revanche, malgré la beauté du jeu, il reste quelques points noirs… En effet, bien que les textures soient toutes belles et toutes neuves, les bugs graphiques n’en restent pas moins présents : entre quelques effets de cliping et des disparitions de textures, attendez-vous à être surpris par moment… Comme quand, par exemple, j’ai pu observer tout le paysage au travers de la tête du héros. Au. Travers. De plus, il reste les défauts fonctionnels du jeu d’origine. La caméra est toujours autant aux fraises durant les ascensions et les combats, mais aussi lors des phases de galop où cette dernière se recentre pour vous montrer le panorama… En plein milieu d’un pont large d’un petit mètre et demi…

La musique de Kow Otani, une jouissance auditive.

Des jeux à la bande son épique, il en existe une bonne poignée. Mais que dire de l’exactitude de celles de Shadow of the Colossus ? Chaque action, chaque phase de l’ascension de ces créatures géantes est accompagnée d’une musique à la fois douce, mais aussi très violente. Entre la mélancolie des cordes, les notes de piano sonnant comme les coups de votre lame sur les colosses, les tambours battant la mesure avec profondeur… Puis plus rien. Dès le coup fatal à un colosse, le silence revient, comme pour appuyer avec plus de lourdeur la solitude qui accompagne le héros, ne laissant que l’écho des bruits de sabots d’Argo, ou vos souffles courts.

En fait, on retrouve la base des compositions du jeu de 2005, mais remise au goût du jour, avec la puissance des machines actuelles, tout comme pour le visuel.

Le jeu est donc toujours bien servi par sa bande originale, que Bluepoint Games a voulu à tout prix conserver.

Une durée de vie honorable pour une aventure d’ambiance.

Les colosses de Shadow of the Colossus

N’espérez pas plus que ce dont vous aviez souvenir car, il est vrai, le titre est toujours aussi chiche en contenu. Comptez environ 10 heures pour venir à bout de ce Shadow of the Colossus, sachant que vous passerez le plus clair de votre temps à faire du voyage à dos de cheval, plus de grosses minutes (voire quelques dizaines pour les derniers) à faire tomber les colosses. 

Et ce ne sont pas la chasse aux lézards ou la cueillette qui allongera grandement la durée de vie du jeu, ceci n’étant que de simples bonus de vie et d’endurance pour faciliter légèrement votre aventure.

Une fois terminée, la rejouabilité est présente uniquement si vous aimez le challenge. Le jeu sera le même, mais la difficulté pourra être plus ardue avec un temps limité pour vaincre les créatures.

En Bref

Shadow of the Colossus version 2018 est encore et toujours un grand jeu. Sa pâte graphique toujours aussi soignée et surtout très bien rajeunie par Bluepoint Games. Le jeu est superbe et gagne en majesté grâce aux technologies actuelles. Plus beau, plus émouvant, plus prenant, le jeu se pose là une nouvelle fois en s’affirmant comme un des meilleurs jeux jamais réalisés.

Malgré cela, après un remaster HD en 2011, on pouvait s’attendre à bien plus qu’une refonte technologique au service du visuel.
Peut-être trop timide au niveau de l’ajout de nouveaux contenus mais aussi au niveau des améliorations de gameplay, Shadow of the Colossus aurait pu (dû ?) vraiment amener un plus pour les joueurs n’ayant jamais touché au titre d’origine.

À propos de l'auteur

RoLestrange

RoLestrange

Geek, fan de Chuck Norris et JCVD, j'aime les Action Movies des années 90 et les ChocoBN. Je joue à tout, encore plus si c'est rétro et je bosse dans le web, mon bureau est un dessin animé. Mon chat s'appelle Gotham.

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