Tests

This Is The Police

Rackham
Écrit par Rackham

Test PC

Weappy Studio a fait naître This is The police sur Kickstarter. Après une campagne réussie avec 35 000$ sur 25 000$ demandés, le studio n’a pas traîné pour sortir son titre. L’ambition narrative du titre est forte, reste à savoir si elle tient ses promesses et si elle s’articule bien avec l’aspect gestion.

 

Bye Jack Boyd

L'entrée en matière : une conférence de presse

L’entrée en matière : une conférence de presse

Dans This Is The Police (TITP) vous incarnez Jack Boy, le chef de la police de Freeburg. D’office, l’histoire vous place dans une posture peu commune, le maire ne veut plus de vous, il vous reste 180 jours avant d’atteindre la retraite. Bon flic aigris, Jack roule sur le droit chemin et compte bien se remplir les poches peinard avant de partir. Mais les choses sont bien plus compliquées. La ville est sombre, presque comparable à Gotham, les héros et supers méchants en moins. En revanche la pègre est belle et bien là.
Le titre a beau être un jeu de gestion il s’axe sur un aspect très narratif. Celui-ci se dévoile très lentement, This Is The Police est un jeu qu’il faut savoir apprécier. Des séquences cinématiques tout en dessins viennent au fil de l’eau pour faire avancer les événements, celles-ci sont d’ailleurs magnifiquement bien doublées. Ce sera l’occasion de rencontrer les chefs de la mafia et de vous ranger ou non à leur côté. This Is The Police c’est avant tout une question de morale, votre propre morale. Vos choix impactent l’histoire. Très vite le titre vous placera face à des dilemmes : aiderez-vous la pègre ? Respecterez-vous les demandes du maire ? A vous de voir, à vos risques et périls tout de même.

 

La gestion passe principalement par la carte de la ville

La gestion passe principalement par la carte de la ville

 

Jack aux commandes

Il est important de bien sélectionner ses effectifs

Il est important de bien sélectionner ses effectifs

Ces choix moraux passent la plupart du temps par l’aspect gestion du titre. Simple en apparence mais plutôt bien fichue. A votre disposition deux équipes, A et B. Celles-ci se relaient jour après jour et son chacune constituées d’officiers de police et d’inspecteurs. Chaque matin votre équipe se rassemble, certains vous demanderont s’ils peuvent être absent. Anodin de prime à bord, il s’agit du premier choix moral de la journée. A chaque fois vous avez le choix entre : « oui », « non » et « oui mais vient demain ». Il se peut qu’un de vos hommes se présente en demandant à ne pas venir car son chien est malade, ici le choix n’est pas trop difficile. Dans d’autres cas, on peut venir vous voir car le fils de l’officier a eu un accident, or vous êtes déjà en sous-effectif. Déjà là, c’est plus compliqué on a une confrontation entre l’aspect « empathie » et « professionnel ». Parfois certains viendront avec un coup dans le nez de la veille au soir. Encore une fois même question. Il vous est toujours possible de demander aux officiers de la veille de venir bosser pour pallier le manque d’effectif, mais ce n’est pas des sur-Hommes, la jauge de fatigue en viendra à bout.

Certaines interventions vous demandent d'agir

Certaines interventions vous demandent d’agir

Après cette phase vous vous retrouvez sur une carte de la ville. Des interventions vont se manifester, vous devez envoyer les effectifs qui conviennent.

Plus une intervention demande de personnel plus elle est dure, mais vous n’êtes pas obligé de remplir tous les postes. Sachant qu’en plus, chacun de vos hommes a un niveau de professionnalisme (en quelque sorte de l’XP), plus ils en ont, plus ils sont bons. Vos hommes mettent un temps avant d’arriver sur place et avant de rentrer au commissariat, histoire de les monopoliser un peu plus longtemps. Si l’intervention réussie, l’équipe engagée dessus gagnera des points de professionnalisme, sinon, ils en perdront. Se créé alors un jeu d’association entre vos coéquipiers pour faire évoluer les moins bons avec des meilleurs. Le problème étant que vos effectifs ne sont pas illimités, il faudra savoir faire des consensus et parfois vous résigner à envoyer moins d’hommes en espérant que cela ne tourne pas à la catastrophe et la perte d’un coéquipier.
C’est aussi dans cette phase que d’autres choix moraux se posent, le maire se payera, par exemple, le luxe de vous demander de virer tous les effectifs de couleur noire, de virer les policiers trop vieux… Le risque est de se mettre le maire à dos, de voir ses budgets et effectifs réduits. Mais le problème est que pour virer des gens il faut une bonne raison ou le faire illégalement et puis de toute manière se pose toujours cette question « Mais ce n’est pas moral, qu’est-ce que je fais ? ». Il en va de même quand les gangs rentrent en jeu et que vous vous retrouvez mouillé dedans, vous demandant alors de fermer les yeux sur un événement qui va avoir lieu à tel endroit à telle heure. Enverrez-vous tout de même des intervenants ?

Les interventions ne demandent rien de plus que d’envoyer des hommes la plupart du temps. Parfois il se peut que le jeu vous demande de faire des choix, comme faire passer vos hommes par une autres entrée, ou encore d’envoyer des renforts : ce que vous pouvez faire ou non. S’il y a un bien une chose à savoir dans TITP, c’est qu’on n’a jamais trop d’effectif. Les choix s’en retrouvent alors que plus compliqués et quand on n’a plus ce choix on se restreint, souvent à contre cœur, croisant les doigts dans l’attente du message de fin d’intervention. Ce message vous indique le résultat, arrestation, civil tués, policiers tués etc.

 

Monsieur Moutarde dans la cuisine !

Résoudre les enquêtes n'est pas toujours simple

Résoudre les enquêtes n’est pas toujours simple

Qui dit inspecteur dit enquête. Par moment, pour un vol, un meurtre ou que sais-je, vous devez lancer une enquête. Vous sélectionnez les inspecteurs qui y participeront, une fois sur place vous aurez accès à des témoignages écrits et le début, la fin de l’histoire. Des vignettes manquantes se trouvent entre les deux. En laissant le temps passer, vos inspecteurs découvriront de nouvelles vignettes correspondant à des possibilités de l’histoire. Mais ces vignettes ne sont pas toutes correctes, il faut alors vous servir des témoignages pour déterminer lesquelles sont plausibles puis replacer les suppositions dans le bon ordre. Une fois les bonnes vignettes et le bon ordre trouvé, le jeu vous donne la possibilité d’aller arrêter le coupable.
Par moment, c’est tout un réseau d’un gang qu’il faudra faire tomber. Enquêter sur les différents interlocuteurs pour faire tomber le plus important, la tête du réseau. Toujours avec ce système de vignettes.

L’aspect gestion ne s’arrête pas avec tout cela. Il vous est possible de faire des demandes à la mairie, de nouveaux recrutements ou encore de traiter avec la mafia. Leur demander de vendre des armes récupérées sur une intervention histoire de mettre un peu de côté, ou même d’éliminer un de vos Hommes, ce qui peut régler le problème quand vous devez les virer sans bonne raison.

 

L'histoire avance au travers de cinématiques déssinées

L’histoire avance au travers de cinématiques dessinées

 

S’en sortir indemne ?

Pas de doute, TITP a un pouvoir narratif très important. Certains n’accrocherons surement pas, mais si vous rentrez dedans vous serez face à un jeu presque sans pitié qui n’a pas peur de vous mettre face à des choix immoraux au possible. Cela passe bien entendu par une direction artistique plus que réussie. Tout est en dessin, très peu d’animation. Les doublages dans les cinématiques sont parfaits et posent l’ambiance. Les développeurs ont poussé jusqu’au point de vous proposer d’acheter des vinyles (avec l’argent du jeu) et de choisir lequel vous passer durant votre journée de boulot. La musique s’oriente alors vers du classique ou du jazz, en fonction de vos préférences du moment. Créant encore un peu plus l’ambiance de cette ville qui sombre peu à peu dans les abîmes de la déchéance.

 

En bref'
InGameFantomeGrand (1)
Weappy Studio propose un jeu presque plus proche du jeu narratif que du jeu de gestion bien que ce dernier aspect reste très important. On se laisse porter par les événements. Toujours confronté à nous même pour choisir ce qui nous parait le plus moral (ou pas). On se bat pour obtenir ce que l’on veut, parfois au risque de perdre bien plus. La gestion s’articule parfaitement avec l’histoire et ses événements, créant d’autant plus ces dilemmes. Le titre en rebutera plus d’un surtout si on s’attend à avoir un pur jeu de gestion. En revanche, si vous êtes attaché aux ambiances mafieuses et que la lenteur d’un titre ne vous fait pas peur, vous pouvez y aller les yeux fermés. Attention toutefois, actuellement le jeu est entièrement en anglais.

À propos de l'auteur

Rackham

Rackham

Game Designer mais joueur avant tout !
Passe pas mal de temps sur les jeux de gestion, stratégie, simulation ou encore FPS.
Fouineur invétéré du web.

Laisser un commentaire